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Publié le 06 Mai 2011
Du Panama aux Galapagos

Pour parcourir les 900 milles qui séparent Panama des Galapagos nous étions prêts à ce que ce soit pénible en raison de l'absence de vent. En effet il faut traverser une zone de convergence intertropicale comme le Pot au Noir dans l'Atlantique, mais celle-ci est davantage marquée par ses zones sans vent que par ses grains. Notre patience était donc à son plus haut niveau quand nous avons quitté Panama le 22 avril, laissant les Pélicans à leurs occupations dans le mouillage.

Décollage le bec plein 

Juste après les mouillages des cargos nous avons été salués par une baleine. Nous avons entendu son souffle et aperçu sa nageoire dorsale, juste assez pour savoir qu'elle était tout près de nous. Avec le petit temps on ne fait pas de bruit et une maladresse de baleine peut faire des dégâts ! Deux heures après c'était au tour des dauphins de venir faire un tour et le moins qu'on puisse dire c'est qu'ils ne sont pas farouches. Quand ils jouent à l'étrave on est à à peine 1m d'eux et ils ne bougent pas.

Pendant 2 jours nous avons eu du vent juste comme il faut : de quoi avancer mais pas trop pour que la vie à bord reste confortable. Pour fêter ça nous nous sommes offert une pizza maison après un apéro « coucher de soleil ».

Coucher de soleil sur le Panama 

On ne sait pas si c'est le temps ou le fait d'aller vers les mythiques Galapagos mais l'ambiance à bord était particulièrement joyeuse et nous n'avons pas souffert de la fatigue des 3 premiers jours. Je pense que nous avons bénéficié d'un « effet Pacifique » !

Et puis au bout de 3 jours le vent a commencé à franchement baisser et à tourner dans la mauvaise direction. La journée du 25 a été particulièrement molle du point de vue vent mais chargée pour ce qui est des activités à bord !

Après le réveil, rien de tel qu'une séance de wake-board au milieu de nulle part. Sensations garanties quand on tombe et qu'on se retrouve tout seul le temps que le bateau revienne nous chercher (c'est fait en à peine 1 minute). Passé la première frayeur, ça va. Nous avons juste regretté que le moteur ne soit pas un peu plus puissant, il nous manquait 1 ou 2 noeuds pour pouvoir vraiment rester debout...

Des styles super fun !!

Le reste de la journée a été marqué par une alternance de moteur et de voile histoire de reposer les tympans. Nous avons croisé pas mal de tortues et Gaëtan s'est juré d'aller en photographier une sous l'eau. C'est chose faite ! La bête avait une sale tête donc il ne s'est pas approché plus que nécessaire.

Là on ne voit qu'une partie de sa carapaceEt Madame avec ses poissons accompagnateurs

Nous avons été étonnés de croiser autant de déchets. Des bouteilles, des bouchons, des tuyaux... Un tas de trucs qui à priori viennent des côtes d'Amérique du Sud et qui sont emportés par le courant de Humbolt. À un moment, nous avons même croisé une grande veine de courant où tous les déchets étaient accumulés. Reste à savoir où ils finissent : sur les plages des Galapagos ? Dans « l'océan de déchets » qui se trouve près d'Hawaii ?

Une colonne de déchetsTortue qui cherche à manger parmis les petites bêtes qui se cachent dans les déchets

Et puis le vent est revenu et nous avons pu éteindre le moteur. Depuis plusieurs semaines Gaëtan essaie de pêcher mais sans succès. Il était en train de se convertir dans la pêche au calamar, son Rapala fétiche s'est fait avaler et depuis plus rien ne mord... Heureusement qu'il a quand même trouvé des petits poulpes sympathiques et un hameçon inox dans une boutique de Panama sinon nous n'aurions jamais pêché ça !
« Claireeeee vient voir je crois que j'ai pêché un requin !! »

Et puis assez vite, en voyant l'épée à l'avant du poisson nous avons vu que nous avions affaire à un espadon...énorme ! Pas question de hisser ce truc vivant à bord, entre l'épée et les coups de queue ça peut être vraiment dangereux. Nous l'avons prudemment rapproché du bateau, fait attention à ce qu'il n'aille pas nous casser le régulateur et Gaëtan lui a décroché 2 flèches de fusil harpon pour qu'il meure pour de vrai. Nous avons encore attendu, assuré la bête pour ne pas qu'elle se sauve au cas où l'hameçon et les deux flèches de fusil ne suffisaient pas et puis elle a été traînée à bord. Vu la taille, pas la peine d'essayer dans le cockpit, pas de place. Et nous voilà bien heureux (un peu perplexes aussi !) avec notre espadon voilier qui fait toute la largeur du bateau. 2M45 du bout de l'épée au bout de la queue !!

Bientôt le bateau ne sera plus assez grand si on se lance dans la pêche au gros !

L'entreprise de découpe a duré tout l'après midi, l'usine de conserve s'est mise en service et les dernières conserves ont été cuites à 3h du matin. On a manqué de bocaux et malheureusement une partie de la viande est retournée aux poissons. Nous en avons même proposé à notre ami du soir, une sorte de canard des mers qui a pris sa place pour la nuit sur les panneaux solaires. Certainement étonné d'avoir de l'espadon tout prêt à portée de bec il n'y a pas touché.

Au bout de 11 jours et demi de mer nous avons jeté l'ancre sur l'île d'Isabella à Puerto Villamil. Dès notre arrivée nous avons fait connaissance avec nos nouveaux voisins les otaries. Nous n'allons pas y rester longtemps mais nous avons déjà beaucoup de choses à raconter. Ce sera pour le prochain article qu'on enverra des Marquises !!

 

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