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Publié le 04 Juin 2011
Traversée du Pacifique

23 jours tout pile pour parcourir les 3000 milles entre les Galapagos et Hiva Oa aux Marquises ! La moyenne a été meilleure que ce que nous pensions et nous ne sommes pas fâchés que cette traversée ait duré un peu moins de temps que prévu. 23 jours c'est quand même long, d'autant plus que les 2 jours d'escale rapide aux Galapagos n'ont pas fait une grosse coupure avec la traversée d'avant qui a durée 11 jours. Autant dire que nous venons de passer 34 jours en mer et que nous avons hâte de nous dégourdir les jambes, d'avoir le temps de visiter.


Nuages d'alizés

Pendant les 10 premiers jours, le vent nous a permis de bonnes moyennes journalières, un peu au détriment de notre confort dans le cockpit où les embruns volaient régulièrement en raison de notre allure travers au vent. Et puis le vent a pris un peu d'Est et ça s'est arrangé. Les 6 derniers jours ont été les plus usants, le vent étant monté sérieusement, soulevant une houle impressionnante plus que dangereuse. Nous avons même fini les 3 derniers jours sous trinquette seule, d'abord pour être tranquilles lors du passage des nombreux grains qui faisaient monter le vent à 30 noeuds puis pour ralentir pour ne pas arriver de nuit. Ceci dit, la traversée s'est quand même très bien passée.


Conditions un peu « agitées » de la dernière semaine.

Mais que fait-on en mer pendant 23 jours ?? Et bien on essaye de s'occuper comme on peut, on se fixe des petits rituels dans la journée et souvent on invente des trucs à fêter pour provoquer un apéro. Joli coucher de soleil, 10 000 milles parcourus depuis le départ, 1000 milles restant à parcourir, 500... Et oui, en plus du fait que nous venons probablement d'effectuer la plus longue traversée que nous aurons à faire pendant ce voyage, nous avons dépassé la barre des 10 000 milles parcourus depuis Dinard. Ça commence à faire mais nous ne nous en rendons pas tellement compte.

Les 8 premiers jours ont été marqués par les bananes. La centaine de bananes de notre régime acheté aux Galapagos qu'il a fallu manger ou conserver pour ne pas en perdre. Chips de bananes, bananes frites, purée de bananes pendant qu'elles étaient vertes puis confitures, bananes flambées, bananes au rhum et rhum bananes, et bien-sûr bananes nature une fois qu'elles étaient mûres. Nous n'en avons perdu que 5 ou 6, parties à la mer dans le roulis, on a retrouvé les queues !


Vive les bananes !!

Pour le reste, les journées se sont beaucoup ressemblées, même pas perturbées par le croisement d'un cargo ou par des décisions à prendre sur le cap à suivre ou le réglage des voiles : tout droit, tous seuls. Nous n'avons vu qu'un seul cargo sur toute la durée et quasiment pas un seul dauphin.
La journée type se déroulait comme suit. Les heures sont indicatives parce qu'en fait on ne sait plus très bien quelle heure il est. On utilise l'heure UTC pour les points mais elle n'a plus rien à voir avec le soleil...

5h – dernier quart de Claire et préparation du pain ou des crêpes pour le petit déjeuner. Assez vite, à ce rythme, nous sommes tombés en panne de gaz. La grosse bouteille n'a pas du tout fait la durée espérée et nous avons dû passer sur la bouteille de secours, en mode économie de gaz. Le pain cuit à la poêle est aussi très bon !
8h – Avec l'odeur du pain chaud Gaëtan se réveille, on déjeune puis moi je retourne me coucher. Puis on vaque chacun à nos occupations (lecture, journal de bord, bricolage, montage des films...) avant le repas.
13h – Repas souvent fait de riz et... d'espadon ! On a quand même pris une daurade et un thon pour varier les plaisirs. Ceci dit, après l'épisode de l'espadon, Gaëtan est un peu fébrile avant de mettre la ligne à l'eau. Qu'est-ce qui va mordre cette fois ? Combien de temps de découpage et de mise en bocaux ça va prendre ? Quand la daurade « de 3 repas » a atterri dans le fond du cockpit nous lui avons souhaité la bienvenue avec un grand, grand plaisir.

Chauffe eau solaireL'heure de manger c'est quand l'ombre nous permet de nous asseoir au pied du mât à l'abri du soleil plutôt agressif.

14h – Silence, pause cinéma ! Je suis en train de refaire (ou de faire !) toute ma culture cinématographique. Regarder un film en pleine mer a toujours un petit côté irréel. S'il ne fallait pas retenir l'ordinateur sur les coup de roulis on oublierait presque qu'on est en mer.
16h – Rendez-vous à la salle de gym, c'est à dire sur le roof. J'ai décidé de ne pas me ramollir sur cette traversée et j'ai réussi à entraîner Gaëtan sur quelques séances. Abdos, quadri, mollets, fessiers... tout y passe. Le plus dur est de trouver des exercices où on ne risque pas de passer à l'eau à cause d'une posture scabreuse ! Et à la fin étirements bien sûr. Tout ce bazar nous permet aussi de soulager le dos qui souffre pas mal à compenser en permanence les mouvements du bateau, même quand on dort.
17h – On prend son courage à deux mains, on le pose à côté de soi pour libérer les deux mains histoire qu'elles puissent faire la vaisselle. Et deux mains ce n'est pas de trop... Laver, retenir la casserole qui part en même temps que la bassine d'eau douce, rincer, oups l'égouttoir qui glisse. Ça se passe dehors avec souvent quelques jurons, la chute d'au moins un verre ou deux (heureusement que toute la vaisselle est en plastique) et de l'eau partout. Je suis tellement obnubilée par les mouvements du bateau que quand je vois des piles de vaisselle sur une étagère dans un film, je me dis que leur propriétaire n'a pas peur. Ben oui, ça pourrait tomber !!
18h – Coucher du soleil, apéro si besoin et repas. Sur les 6 derniers jours on a réussi à capter une vacation française sur la BLU. On a des nouvelles du temps et des péripéties d'autres bateaux voyageurs sur tout le Pacifique. Ils ne nous entendent pas mais on a ainsi pu savoir que le mouillage d'Atuona sur Hiva Oa était bondé, que les ferries ne font pas attention dans la passe de Tahiti et que l'alizé est mou du côté des Tonga.


C'est l'heure !

19h – Repas et au lit pour Claire, premier quart pour Gaëtan. Et puis on alterne toutes les 3h jusqu'au lendemain matin et ça recommence.

Vous pourrez voir tout ça en images dès que ce sera arrivé sur le site dans la partie Reportages – Vie à bord.

Et puis un beau matin l'île d'Hiva Oa apparaît avec le lever du jour, on remet la grand-voile pour arriver le plus vite possible au mouillage et jeter l'ancre. C'est fini ! Râââââââ !! Finalement on a réussi à se faire une petite place dans le mouillage. La coque est dans un état impressionnant et avant d'aller se reposer Gaëtan se lance dans une baignade-grattage !
Ah, j'oubliais ! Gaëtan va enfin pouvoir raser sa barbe ! Elle pousse depuis Panama et il est très fier de la longueur atteinte et de son air de « capitaine baroudeur ».

Il est temps. Zzzzzzzzztttttttt !Arrivée sur Atuona


Encore du grattage en perspective. Tous les bateaux arrivent de leur traversée dans cet état.

 

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