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Publié le 05 Novembre 2011
Fidji - Vanua Levu et Yasawas

Nous arrivons au mouillage de Savusavu en début de matinée et les officiels s'enchaînent à bord. D'abord la santé, pour s'assurer que nous n'importons pas de maladies aux Fidji :
« Vous êtes en bonne santé ? » « Oui »
« Combien de mort depuis la dernière escale ? » « Zéro » (le questionnaire date un peu...)
« OK. Vous allez voir le match de rugby demain ?? Moi je suis pour la France !! ». Une majeure partie des fidjiens a supporté la France face à la Nouvelle-Zélande et à chaque fois nous avons eu les mêmes réactions suivant l'avancement du tournoi. « Oh vous êtes Français !!! Beau match, belle équipe !!! C'est mon équipe !! »
Deux heures après est arrivée la dame des douanes avec une tonne de papiers à remplir et des papiers carbone dans tous les sens, tout ça combiné à une chaleur atteignant les 35 degrés dans le bateau. À partir de ce moment nous avions le droit de mettre pied à terre...
Et enfin est arrivé le monsieur du service de l'agriculture, chargé de s'assurer que nous n'importions pas d'espèces végétales ou animales menaçantes pour l'environnement local. On était vendredi soir et l'inspecteur n'est même pas monté à bord, pressé de finir la journée et d'aller boire le kava avec les copains. « Vous ne débarquez aucun aliment du bateau, les poubelles doivent être jetées seulement dans les marinas ou les ports. Bon week-end et bon match !! »

Notre mouillage vu des hauteurs, une fois qu'on a pu descendre à terre !La corvée est presque terminée, courage !

Après toute cette paperasse nous sommes tombés sur une troupe d'Américains et nous nous sommes embarqués dans une soirée chez un autre Américain pour voir un spectacle de danse.

Danses de style tahitienLe public apprécie

Ça a été aussi l'occasion de découvrir l'ambiance très « communautaire » des bateaux américains ou australiens avec des grandes bouffes à 20 personnes, des embrassades, des « chaussettes néoprène » pour garder la bière au frais... Très différente de l'ambiance que nous avions jusque là avec les Français où les soirées se font en plus petit comité mais où on est aussi plus proches les uns des autres. Bref, ça a été aussi l'occasion de démarrer notre « semestre » d'anglais sur les chapeau de roue. Gaëtan est ravi et a même sorti sa méthode pour faire un peu d'anglais tous les jours, il adore ça ! Mais là nous n'avons plus le choix, c'est devenue la langue officielle quotidienne.

Le temps est pour le moins humide et nous avons un peu de mal à nous motiver pour sortir sous la pluie. Nous nous faisons nos premières impressions sur les villes fidjiennes avec Savusavu, une petite ville mais où sont présents des caractères que nous avons retrouvé par la suite. La population fidjienne est constituée pour moitié de fidjiens de souche et une petite autre moitié est composée d'indo-fidjiens. Ces derniers ont été amenés d'Inde par l'Angleterre à la fin des années 1800 pour développer la production de canne à sucre (les Fidji faisaient parti du Commonwealth et sont indépendants depuis 1970). Les deux communautés se côtoient mais ont gardé des traditions bien distinctes. Les indo-fidjiens parlent hindi, beaucoup de femmes portent le sari, ils pratiquent l'hindouisme... Et la plupart des commerces sont tenus par des indiens qui sont de redoutables commerçants ! Nous en avons fait l'expérience avec Shabnam chez qui nous sommes arrivés par hasard au détour d'une petite ruelle. Nous avons d'abord eu peur de se retrouver avec une coupe de cheveux imprévue (elle fait salon de coiffure) et puis elle nous a dit qu'elle cousait aussi pour les bateaux. Et là nous avons tout de suite pensé à notre taud de soleil. Après discussions elle nous a donné un prix approximatif et nous sommes revenus le lendemain avec un plan plus précis de ce que nous voulions mais dans les même proportions. Le prix avait doublé... Nous étions sur le point de laisser tomber et puis après discussions nous avons réussi à retomber sur le précédent prix. Et puis est venu le moment de la livraison : 70 cm en moins dans la largeur (!), des sangles 3 fois plus courtes que ce que nous voulions, des raccords partout, des coutures mal faites et notre Shabnam qui ne se démontait pas en vantant la qualité de son travail, en critiquant notre anglais, d'où l'erreur de 70 cm (!!!). Nous espérons que la plupart des commerçants indiens (et les autres aussi d'ailleurs) font ce qui est prévu même quand on négocie les prix !! Notre taud, fièrement en place sous la pluie de Savusavu a servi de modèle d'expo pour tous les bateaux qui avaient des choses à faire coudre. Bizarrement, tout a été décommandé auprès de notre charmante couturière... Il ne faut jamais négliger le bouche à oreille, encore moins avec les bateaux !

La rue principale de Savusavu et son marché à gauche 
Sortie de l'école. Tous en uniforme et en rangs.

Les transports en commun sont très développés au Fidji. Il y a toujours un bus prêt à partir pour vous emmener où vous voulez, à un prix plus que raisonnable. Du coup, nous nous sommes embarqués à bord du bus en direction de Labassa, de l'autre côté de l'île. La route est superbe, elle passe à la lisière de la forêt tropicale avec des points de vue sur les reliefs au loin puis nous amène au milieu des champs de canne à sucre à l'approche de Labassa.


Arc en ciel sur la forêt tropicale
Récolte de la canne à sucre. Des rails longent les champs pour acheminer les cannes jusqu'à l'usine.

La ville de Labassa en elle-même n'a pas d'attrait particulier à part toutes ses boutiques, forcément indiennes, son grand marché, les camions chargés de canne à sucre qui traversent la ville à longueur de journée (c'est la saison de la récolte) et un léger fumet que nous avons qualifié de « soupe ».

Séchage des racines de KavaVente d'épices par les indiens

Au moment de repartir, nous nous sommes retrouvés à la station de bus à l'heure de la sortie des écoles. Tous les écoliers jusqu'en terminale sont en uniforme. Chemise blanche, jupe pour les filles et short ou « sulu » (jupe traditionnelle) pour les garçons. Les écolières qui ont les cheveux longs et lisses (en général les indiennes) les coiffent en faisant deux nattes repliées. L'école est gratuite et obligatoire pour tous et se fait en anglais, la langue officielle du pays.

Avant de quitter Savusavu nous avons voulu percer le mystère de la plage qui fume... En fait il s'agit de sources d'eau chaude qui coulent jusque la mer. L'eau est carrément bouillante et les gens y font cuire des aliments. Pas de doute, nous sommes sur une île volcanique !

Les sources d'eau chaudeUne petite tisane ??
Corvée d'eau. Froide celle là.

Pressés d'aller voir le fameux archipel des Yasawas, nous quittons Savusavu le samedi 22 octobre (on ne peut quitter ou arriver à un endroit que pendant les heures d'ouverture des bureaux des douanes) en direction de « Coconut Point ». Si l'ambiance est sympa là-bas, nous y resterons une nuit de plus pour voir la finale, sinon, tans pis pour le rugby !

La navigation dans les eaux fidjienne n'est pas franchement tranquille. La mer n'est pas mauvaise mais il y a des récifs partout, le balisage est souvent inexistant et les cartes ne correspondent pas toujours à la réalité. Mieux vaut se fier à sa vue et arrêter de naviguer vers 16h30, tant que le soleil est encore haut mais même dans ces conditions ce n'est pas évident, l'eau étant moins claire et transparente qu'en Polynésie. Donc par endroit, nous nous sommes fait des petites frayeurs avec des fonds qui remontent à seulement 10m, comme ça au milieu de nulle part, sans savoir si 10m était la profondeur minimum ou si ça risquait de remonter encore.
Le dimanche à Coconut Point est franchement calme alors nous avons décidé de poursuivre vers Sawa-i-Lau, au nord des Yasawas.
Nous mouillons devant le village de Nabukeru et débarquons sans tarder avec notre racine de kava, cadeau pour le chef du village. Le chef est en pleine tonte de la pelouse du village au rotofil mais il nous reçoit chez lui pour une petite cérémonie à l'issue de laquelle il nous autorise à nous balader dans le village et ses alentours en toute liberté, à pêcher, nous baigner...
Ça fait une petite heure que nous sommes à terre mais nous avons eu le résultat de la finale de rugby à peine le pied posé à terre. Les mamas, les enfants, les jeunes, filles ou garçons, bref, tout le monde a vu le match et a supporté la France ! En chemin vers l'école nous croisons deux gamines qui nous posent un tas de questions, nous expliquent les sites importants du village en n'oubliant pas de nous arrêter devant le règlement de l'école que nous sommes invités à lire avant de pénétrer les lieux. Une caractéristique des fidjiens est leur sens du contact et de l'accueil hyper développé, ils parlent très facilement aux étrangers, non pas pour leur demander quelque chose mais comme ça, ils s'intéressent. Dès que quelqu'un nous aborde, il nous serre d'abord la main et nous donnant son nom et nous répondons par le nôtre. C'est vraiment très sympa et depuis le début du voyage, nous n'avons jamais autant dit d'où l'on venait, ce que l'on faisait comme parcours... En croisant un instituteur nous avons décidé de proposer une présentation de notre voyage à l'école du village. Les élèves de 8ème (équivalent 5ème chez nous) nous ont écouté avec attention avant de nous poser plein de questions sur la France ce qui nous a permis de projeter le court métrage réalisé par les jeunes de Dinard. Même si beaucoup de bateaux s'arrêtent dans la baie, personne ne vient parler de son voyage ou de la vie en bateau.

L'entrée au villageSéchage des feuilles de Pandanus pour tresser différentes choses et même faire le toit des maisons.
Une maison traditionnelleUne majorité des maisons a maintenant des murs en béton et sont couvertes de tôle
Le « Lali », instrument qui trône au milieu du village et sert à annoncer les moments important. À l'école, toutes les heures un élève tape sur un petit « lali ».Présentation du voyage devant les élèves de 8ème.
Terre très sèche sur les hauteurs du villageLes vallées sont un peu plus vertes et permettent aux habitants de cultiver des fruits et des légumes
Le village à marée basse

À la sortie des classes on nous invite à la messe du lendemain et au repas qui suit. Curieux de partager des moments importants avec les villageois qui sont tous très croyants, nous y allons. Nous nous attendons à assister à une cérémonie proche de celle que nous avons vécu à Wallis alors cette fois, si nous participons au repas, nous ne venons pas les mains vides.
Après 2 heures de messe en fidjien (!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!) un habitant nous invite chez lui pour se reposer puis nous allons au repas où tout le monde nous attend pour commencer. Les tables sont dressées, c'est à dire que nous nous asseyons en tailleur par terre, devant notre assiette posée sur une nappe à même le sol sur laquelle se trouvent des plats de poisson, de manioc et de choux chinois. Du coup, nos crêpes restent dans le sac. On mange avec les mains et le moins qu'on puisse dire c'est qu'on n'est pas doués pour faire ça proprement, surtout quand il s'agit d'attraper un bout de poisson tendre baignant dans une sauce gluante bien que très bonne !
Nous sommes avec un autre couple allemand. Lui est dentiste et la nouvelle comme quoi il avait un cabinet ambulant à bord s'est vite répandu. Du coup, les gens viennent le voir avec un tas de problèmes aux dents. Pas des simples caries qui font mal quand on mange mais carrément des dents cassées toujours en place depuis des lustres, des trous, un abcès monumental... L'hôpital est sur le continent et il faut payer le bateau pour s'y rendre du coup les gens laissent traîner les problèmes jusqu'à ce que ça devienne extrême, même parfois dangereux pour leur vie. Deux heures après, je me retrouve assistante « lumière » sur le cata-cabinet dentaire et assiste au premières loges à l'arrachage de 5 dents et à la réduction d'un abcès. Je ne verrais plus jamais mes séances chez le dentiste du même oeil ! Vive les brossages bi-quotidiens, le fil dentaire et même au pire les petites caries !! Et vive les soins hyper accessibles de chez nous !!

Sawa-i-Lau est caractérisé par ses rochers rongés à la base par la mer, ce qui fait un paysage très particulier. La roche étant friable par endroit, l'érosion a formé des cavités plus ou moins importantes dans la montagne.

Mouillage devant les grottesLa grotte éclairée par un puits vers la surface
Passage dans l'obscurité vers l'autre grotte

Le temps passe et on doit avancer pour arriver à Lautoka et commencer à se préparer pour la traversée vers la Nouvelle-Zélande. Cela consiste surtout à veiller la météo tous les jours pour ne pas rater le bon créneau, c'est à dire celui qui fera que nous ne nous trouverons pas nez à nez avec un gros coup de vent venant du sud...

Nous quittons Nabuka le 27 et longeons les îles des Yasawas par l'ouest. Le vent est fort et nous ne mettons pas long feu à parcourir les 20 milles prévus pour la journée. Nous avons du tenir une moyenne de 6 noeuds, ce qui n'est pas mal avec trois ris dans la grand-voile et la trinquette.
Nous mouillons à Soso Bay pour la nuit avant de repartir le lendemain pour l'île de Kuata, au sud de la chaîne d'îles. Nous mouillons devant une petite plage inhabitée et allons faire un tour dans l'eau pour voir les coraux. Il y a beaucoup de coraux plats qui donnent des paysages très étonnants. Il y a quelques coraux mous, particularité des Fidji mais nous n'arrivons pas toujours à les distinguer.

Coucher de soleil dans notre mouillage de KuataDes coraux plats partout, paysage spécial
Un gros poisson de récifCoraux en « plateau » au bord d'une petite « vallée » dans les rochers.

Comme l'a fait remarquer Gaëtan, cette séance de snorkelling est la dernière avant plusieurs mois. Notre prochaine baignade sera pour un nettoyage de la coque avant les eaux fraîches de la Nouvelle-Zélande.

Dès l'aube, nous mettons les voiles vers Lautoka... la suite des Fidji dans l'article suivant !!!

 

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