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Publié le 16 Mars 2012
Le Fiordland

Nous sommes donc arrivés dans le Fiordland, décidés à faire de la randonnée. Le Fiordland se trouve sur la côte sud-ouest de l'île du Sud. C'est une région de montagnes, de lacs et de fjords (comme son nom l'indique) où il n'existe quasiment aucune route à part celle qui va du sud au nord longeant la naissance des reliefs et les lacs. Entre les lacs et les montagnes abruptes qui se jettent directement dans la mer, on peut dire que la configuration des lieux est particulièrement hostile à l'implantation humaine. En plus du relief, il y a les fameuses sandflies voraces, la pluie fréquente (7m par an contre 0,7m en Bretagne !) et la neige en hiver. Mais l'endroit est grandiose et mérite plus que le détour.

Nous avons élu domicile au bord du lac Monowai pour plusieurs jours. Le camping est basique et la douche, la vaisselle ou le café sont faits avec l'eau du lac. À l'occasion de ce séjour nous avons développé une résistance particulière à la douche en eau très froide.

Le lac Monowai.Le niveau du lac a été élevé pour alimenter un barrage hydroélectrique situé plus au sud. Il ne reste plus que les troncs des arbres qui ont été noyés.

Notre marche d'entraînement s'est faite vers Greenlake, 6h de marche, ça nous a paru suffisant pour un début. Après une première plaine de Tussocks nous rencontrons un couple qui nous dit qu'il a perdu les deux Allemands avec qui il se trouvait au refuge la nuit précédente. On est seuls dans le coin, le portable ne passe pas alors s'ils sont sur la bonne piste nous devrions les croiser. Nous continuons notre marche qui nous amène dans des forêts de Beechtree puis après une belle montée nous arrivons à Greenlake.


Sur la route qui mène au départ de la randonnée vers Greenlake. Vue au loin sur les Kaherekoau Mounts.
Plaines humides de Tussocks.Il faut qu'on regarde à nouveau le Seigneur des Anneaux, certains paysages nous font penser à quelque chose...
Un premier lac avec une vue ouverte vers les monts alentours.Et enfin Greenlake, endroit malheureusement truffé de sandflies. Nous ferons une pause ailleurs, tant pis.

Sur le chemin du retour nous croisons un couple et directement, nous nous interrogeons mutuellement : « Are you German ?! ». « No, French, and you ? » « Tchèques ». Ils ont croisé le même couple que nous et sont aussi à la recherche des Allemands. Il s'est écoulé pas mal de temps et ça commence à devenir bizarre. Nous prenons le chemin du retour à travers la forêt, puis sur la mousse qui nous donne l'impression de marcher sur des éponges, les plaines de tussocks et enfin nous arrivons au départ de la marche. Un couple s'est installé sur les marches du tout petit refuge. « Are you German ?! » « Yeeeess ! ». On les a trouvés ! Ils sont hyper contents de nous voir, ils se préparaient à passer la nuit là avec pour seule nourriture un paquet de Noodles et deux ou trois biscuits et pensaient faire les 15 km entre le refuge et les premières traces de civilisation le lendemain. On est la « rescue team », titre un peu exagéré pour deux touristes qui revenaient à leur voiture et qui ont trouvé le couple d'Allemands en chemin. Nous les ramenons au camping où est garé leur voiture et nous sympathisons pendant le trajet. Nous sommes invités à les retrouver à Christchurch où Isabel est en stage.

Après cette mise en jambes nous nous élançons le surlendemain pour la marche le long du lac Monowai vers le refuge de Roger Hut. On nous annonce 6h pour parcourir les 10km depuis le camping. Nous chargeons les sacs avec le minimum d'affaires possible et la nourriture pour 3 jours. C'est toujours la nourriture qui pèse le plus lourd dans l'affaire, même si nous essayons de ne prendre que des choses légères et juste la dose qu'il faut (café, riz, lait en poudre, semoule...). Nous ne sommes quand même pas super équipés pour la rando, les seules casseroles et couverts que nous ayons sont en inox, métal qui n'est pas réputé pour sa légèreté. La hutte est équipée d'un réchaud, de lits et d'un toit c'est toujours ça de moins à porter !
Une bonne partie du parcours se fait dans la forêt où nous marchons sur une mousse moelleuse plutôt sympathique. Lors de la pause pique-nique, un petit oiseau aux longues pattes, tout aussi peu farouche que ceux du camping vient nous rendre visite. Il est hyper curieux et s'approche tout prêt de nous, vient « goûter » nos chaussures et continue même de nous suivre sur quelques centaines de mètres quand nous repartons. Nous arrivons dans un lit de rivière tapissé de gros galets blanc. Enfin, nous avons un petit point de vue ! Nous hésitons un peu sur le chemin à suivre, il ne faut pas quitter la signalisation des yeux, il serait hyper facile de se perdre. La traversée du cours d'eau se fait plus ou moins gracieusement et nous poursuivons, toujours dans la forêt mais en version plus boueuse et plus escarpée.

Mmmh paysage bucolique pour ce début de randonnée.Un « tutu... » (il faut qu'on retrouve son nom). Oiseau sympathique et très curieux !
Inspection des chaussures de Gaëtan.Il vient presque manger dans la main.

La rivière et surprise, un superbe paysage se profile à l'arrière. Entre nous, nous ne le voyons pas mais c'est le lac Monowai.
Franchissement de rivière à pieds secs ! Le sac n'est pas vraiment pratique pour marcher en équilibre sur les troncs au dessus de l'eau.Mais il y en a qui gardent la classe en toute occasion.

La fin de la marche ressemble davantage à du crapahutage et on est contents d'arriver ! Nous sommes seuls, nous avons le gîte pour nous...ah ?...C'est quoi ce bruit ? Un bateau qui accoste tout prêt de la hutte pour venir voir à quoi elle ressemble. C'est loupé pour la baignade tous nus avec le lac, la forêt et les sandflies pour nous tous seuls... Pas grave, on peut partager, le tout est de le savoir que pas mal de bateaux circulent par là. On est à seulement 20min de la cale en bateau à moteur Nous passons la soirée enfermés dans la hutte, protégés des sandflies par les moustiquaires. Dehors, c'est intenable, le moindre bout de peau qui dépasse est attaqué. Nous mettons un certain temps à réussir à faire bouillir de l'eau avec le poêle et en attendant, la température monte à l'intérieur. On n'aura pas froid cette nuit. Dès la nuit tombée on s'endort comme des masses.

La Roger Hut, notre petite maison à nous pour la nuit !Tout y est : poêle, lits, eau potable récoltées par le toit et même le journal.
Étirements rapides entre deux attaques de sandflies.Rien de tel que de refaire le stock de bois au réveil avant une marche de 6h !

Au réveil, Gaëtan ne résiste pas à la tentation d'aller casser du bois. Il a gentiment accepté de ne pas monter les 1500m de dénivelé qu'on avait plus ou moins envisagé et il est en manque de sport (!).
Une fois l'abri à bois rempli, nous nous mettons en route, je passe toujours autant de temps à essayer de trouver un réglage de mon sac qui ne me fera pas de bleus aux épaules, plus ou moins en vain. C'est reparti pour le chemin inverse de la veille.
De retour au camping nous savourons la baignade dans le lac, les étirements et la bulle... Ça ne dure pas longtemps, nous retrouvons les doubles sacs de notre poubelle grignotés. C'est pas possible, rien n'a pu venir, la voiture était fermée. Après un état des lieux plus précis et la découverte d'un tas de sopalin grignoté c'est sûr : nous avons une souris dans la voiture !! Nous avions mis du temps à nous débarrasser des fourmis, cette fois, les tapettes seront achetées au premier magasin rencontré, c'est à dire 70km plus loin, à Te Anau, la vraie porte d'entrée du Fiordland.
Nous quittons notre camping, son lac qui sert à tout et les petits oiseaux pas farouches, les fameux « Tutu... » et en compagnie de notre souris.

Te Anau est une ville ultra touristique. La route qui longe le lac n'est qu'une succession d'hôtels, au bord du lac des départs en hélico, en hydravion ou simplement en bateau sont proposés aux touristes, les boutiques de souvenir pullulent. La plupart des gens qui vivent ici ont une activité liée au tourisme. Cet endroit nous sert surtout au ravitaillement et aux corvées habituelles avant de monter sur la route du Milford Sound.

La route qui monte vers le nord en bordure des fjords.Plus on avance, plus on s'approche des reliefs impressionnants. Et encore, nous ne sommes que sur la portion accessible par la route

Au niveau du lac Gunn, là ou la route fait un virage à 90 degrés, nous montons marcher vers un petit somment qui nous offre une vue imprenable sur les différentes vallées et notamment le lac Marian, formé à la place d'un ancien glacier. C'est décidé, demain nous allons marcher au lac.

À l'endroit où nous sommes, pendant l'ère glaciaire se trouvaient des zones de glaciers. Quand les glaciers ont fondu, les « trous » ont permit la formation de petits lacs et même l'implantation de végétation.Les Beechtrees réussissent aussi à pousser ici, mais sont loin d'attendre la taille de ceux que l'on trouve en bas. Ici, ils ont à lutter contre le vent permanent, le froid et la neige.
Superbe point de vue vers la vallé. Mais les toilettes sont-elles vraiment nécessaires à cet endroit ? 
On trouve entre autre, toute une végétation humide alpine avec notamment des plantes carnivores que nous avons mis du temps à distinguer.Derrière, le lac Marian formé à l'emplacement d'un ancien glacier. C'est le programme du lendemain !

Le soir au camping, nous faisons la connaissance de Janina et Adrien qui ont laissé temporairement leurs sacs à dos pour le luxe d'une voiture. Nous sympathisons et passons la soirée à discuter de voyage, de façon de voyager... Au petit matin nous sommes réveillés par un couinement. Les tapettes ont marché, c'était moins une, la souris est prise par l'oreille ou la patte ! Malgré le temps maussade, nous allons tous ensemble au lac Marian. Plus nous avançons, plus le temps est pourri, nous ne verrons pas grand chose du lac, dommage, on ne peut qu'imaginer les reliefs avec les neiges éternelles qui l'entourent, la vue sur la vallée, la couleur du lac et des rochers alentour avec la lumière du soleil. Cette marche a aussi été l'occasion de parler allemand avec Janina. Dans les zones touristiques comme le Fiordland, ce ne sont pas les occasions de parler allemand qui manquent et c'est sympa de ne pas perdre la main.

Bienvenue au lac Marian...Avec Janina et Adrien, trempés comme des soupes mais contents de notre marche !
Il n'y a plus qu'à faire des efforts d'imagination pour se représenter le paysage grandiose dans lequel nous sommes.Le temps ne s'améliore pas et malgré le plaisir de marcher ensemble la descente se fait en silence, en rêvant d'un bon canapé avec un feu de cheminée et un chocolat fumant entre les mains !

Pour conclure notre séjour dans le Fiordland et pour se mettre au chaud et au sec, nous nous offrons une petite séance cinéma avec un film tourné au dessus des fjords à toutes les saisons. Nous réalisons à quel point la région est difficile d'accès et peut être hostile en hiver avec quand même des petites poches de vie où la faune et la flore trouvent de la place. En voyant les images des fjords côté mer, on a tous les deux eut une grosse bouffée d'envie de reprendre la mer. Ce n'est pas encore l'heure, la saison des cyclones est toujours active sous les tropiques.

Lassés du tourisme classique, du guide qui nous dit où aller et quoi faire (on n'est pas obligés de le suivre mais c'est toujours le dilemme : et si on loupait un truc vraiment important ?) et peut-être un peu de la voiture (surtout pour moi), nous avons décidé d'arrêter nos déambulations routières. Nous ne passerons peut-être pas de temps dans des régions superbes, mais tous les coins sont superbes en Nouvelle-Zélande et nous avons besoin de rencontrer des locaux, de mieux découvrir un endroit en particulier. Gaëtan a fait le constat amer de ses maigres progrès en anglais, moi je trouve que la voiture ça suffit, c'est cher, c'est trop facile, on est toujours enfermés dans notre cocon, on bouge comme on veut et comme des milliers d'autres touristes ce qui n'est pas vraiment propice aux rencontres. Notre prochain objectif est donc la région de Christchurch, diagonalement opposée au Fiordland. Nous avons rendez-vous pour une semaine de WWOOFING et nous allons retrouver Gauthier et Pauline qui travaillent dans une propriété viticole tout prêt de là où nous allons.

Des moutons, toujours des moutons.La route qui longe le lac Wakapitu et qui nous mène vers Queenstown. Il paraît que c'est la capitale des sports extrêmes mais nous ne nous y arrêterons pas, sauf pour changer un pneu.

Nous traversons donc l'île en deux jours. À Queenstown, nous expérimentons le changement d'un pneu en urgence, remplacé par un pneu d'occasion... C'est quand même fou cette tolérance, mais dans le cas présent elle nous est bien pratique. À part ça la voiture va bien, mais elle est quand même mise en vente sur Internet. Nous avons envisagé plusieurs solutions pour rapatrier nos affaires et nous même à Opua plus tard (plusieurs colis par la poste, voiture de location...). Tout dépendra de la vente de la voiture...

 

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