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Publié le 17 Juillet 2012
Flores

Nous restons finalement une semaine face au quai de Maumere, vivant toujours sous le regard des badauds. En plus, le mardi nous avons droit à une arrivée massive de bateaux de passagers chargés à ras bord qui se « garent » presque contre nous. Ça fait le bonheur des curieux qui se tortillent pour voir à l'intérieur du bateau et commentent à leurs voisins tout ce qu'ils voient et tout ce que l'on fait. Même si on finit par ne pas faire grand chose parce que tous ces regards nous bloquent un peu...

Nos voisins les bateaux de passagers chargés au maximum.La vie sous le regard des curieux. Cette fois un brossage de dents...

Ces gens sont un peu des miraculés, les bateaux sont tellement chargés qu'ils descendent de 30 bons centimètres par rapport à leur flottaison habituelle et il y a des accidents mortels tous les ans.
Les officiels sont venus à bord, un peu perplexes face au kayak, seule annexe qu'on leur propose. La paperasse est finalement assez vite fait, ça fait plaisir. Ça se gâte avec l'immigration où Gaëtan passe la journée complète pour obtenir deux Visas. Quand il revient, Aladin notre interlocuteur local me dit que Gaëtan n'a pas voulu payer. Et voilà, Gaëtan est connu à Maumere comme le gars qui ne verse pas de pots de vin, quitte à y passer la journée.

Maumere est une petite ville où l'on trouve presque tout à portée « d'Ojek », les taxis-mobylette locaux. Nous allons faire un tour au grand marché, en manque de légumes et de fruits. On y va en Ojek, bien sûr, sans casque et dans une circulation qui nous semble un peu anarchique où les engins communiquent par klaxon autant entre eux qu'avec les piétons sur la chaussée. Sur le marché nous mettons à l'épreuve nos 3 mots d'indonésien et très vite, devant la difficulté à communiquer, nous faisons une pause pour apprendre la valeur de nos billets. Après ce petit cours, nous revenons entre les étals fiers de nos 10 nouveaux mots. Le marché est organisé en plusieurs parties : les fruits et légumes, les volailles, le poisson, des tonnes de petits objets en plastique ou de qualité moyenne, les vêtements... Dans le coin des vêtements on trouve le marché d'Itak, les tissus locaux en coton tissé. Ils ont des formes de « tuyaux » et les gens, hommes comme femmes, les portent en jupe ou remontés sur les épaules. Les motifs représentent des scènes de la vie quotidienne et normalement, les colorants sont naturels. Les jeunes les portent parfois par dessus leurs vêtements à la mode occidentale pour s'en servir un peu comme manteau. Quand il fait froid, on croise des silhouettes emmitouflées dans les itaks, un peu comme dans des duvets.

Le centre-ville est aussi animé mais baigne un peu dans les déchets. Les gens jettent leurs déchets par terre ou plutôt directement dans les égouts à ciel ouvert sans trop se soucier des poubelles qui de toute façon n'ont pas de fond. Il y a plutôt intérêt à regarder où l'on met les pieds si l'on ne veut pas se retrouver dans un ruisseau d'eau noire, dans un simple trou dans la chaussée ou écrasé par un Ojek ou un minibus à la recherche de passagers.


Centre de Maumere. Des poubelles qui décorent, des trottoirs où mieux vaut regarder où l'on marche.

Les gens nous interpellent avec des « Hello Mister! Where are you going? » mais la conversation s'arrête souvent là. Si je me balade seule les « Hello Mister (ou Miss pour les plus avancés en anglais) ! » fusent dans tous les sens, tous les Ojek s'arrêtent pour me demander où je vais. Les balades en ville sont donc assez animées mais l'ambiance est en général sympa à défaut d'être totalement respectueuse de la part de certains « mâles ». C'est là qu'intervient l'importance de la tenue vestimentaire et en général, si on ne veut pas alimenter l'image de la fille occidentale facile qui aime se trimballer à moitié nue véhiculée dans les magazines et les clips, mieux vaut sortir couverte. Un après-midi, je me prépare à sortir et face à la chaleur, je me dis que le short long fera l'affaire. Gaëtan valide le choix en disant que je n'ai pas plus moche et que je ne serais pas embêtée. Loupé ! Mon short large qui s'arrête juste au dessus du genou m'a rendu la virée en ville carrément dingue. J'ai même eu droit à un « Miss! Sex! » de la part d'un ado qui faisait le fier devant ses copains à 200m de moi et je me suis dit que beaucoup d'hommes avaient vraiment un problème ici ! Pourtant certaines indonésiennes ont les genoux à l'air et sont très jolies mais elles ne sont pas ennuyées comme ça...
Après ça, quand on voit des Européennes se balader en débardeur super « débardé » et en mini-short on se demande ce qui leur passe par la tête.
Pour en finir dans la rubrique vestimentaire, nous avons des problèmes de gabarit, surtout moi. Sur le marché, à la recherche d'un jean, les vendeurs font « no, no, no! » en secouant les mains devant eux comme si un être vraiment monstrueux leur avait demandé la lune.


Au magasin de tissus où l'on rigole bien avec ma copine la vendeuse qui n'est pas plus petite que ses collègues. Alors forcément pour m'habiller j'ai du mal !

Sur l'île de Flores, la visite du parc national du Kelimutu avec ses trois lacs formés dans des cratères est réputée. Nous nous organisons pour partir deux jours et nous rendons en Ojek à la station de bus de Maumere. À peine arrivés devant la station, des gars se ruent sur nous en courant pour nous faire monter dans leur minibus. Les minibus ne partent que quand ils sont pleins, d'où l'importance d'attirer le client ! Nous ne sommes pas montés dans le bon, après une heure et trois faux départ pour nous faire patienter ou donner un peu d'air au moteur, nous partons enfin.
La route est très vite tortueuse et nous longeons beaucoup d'habitations de bambous faites au bord de la route avec derrière le vide. Elles sont retenues par des armatures de bambou. Dans ces portions où l'espace à plat manque la route sert à tout : faire sécher les graines de café, de cacao, s'asseoir pour discuter. La circulation est pourtant dense et il doit y avoir des accidents mais pour nous tout c'est bien passé.

Séchage du riz sur la route à Moni et station service pour moto. On est dans une vallée et la route est large ici.Séchage du riz dans le village de Moni.

Nous arrivons à Moni, au pied du Kelimutu et nous lançons dans une visite des lieux avant de prendre notre hébergement. Dans le village, les maisons ont presque toutes des murs en bambous et des toits de tôle. Il y a l'électricité mais l'eau est puisée ou prise à des robinets publics. Un peu partout du riz est mis à sécher avant d'être battu pour enlever l'enveloppe autour des grains. Tout le fond de la vallée est aménagé en terrasses pour les rizières et dans certaines parcelles, des boeufs sont au travail. Avec leurs pattes ils labourent la parcelle pour les nouvelles plantations.
Les enfants sont habitués aux touristes et nous réclament des stylos, des bonbons ou qu'on les prenne en photo. Mais qu'est-ce qu'ils ont tous ces touristes à filer des bricoles partout où ils passent !? C'est la même chose dans tous les pays où les touristes sont mal à l'aise avec leur niveau de vie par rapport au niveau de vie local.

Rizières en terrasse. 
Labourage des parcelles avec les boeufs.Battage du riz pour défaire l'enveloppe des grains.
CaféCacao

Le départ pour le Kelimutu se fait avant le lever du soleil et il fait froid dans les hauteurs ! Gaëtan s'enroule de son drap sur la moto, nous sommes frigorifiés. Nous passons le péage du parc (où il faut payer si on a un appareil photo !) puis nous marchons vers les fameux lacs. Aujourd'hui deux sont bleus et le dernier marron mais parfois l'un d'eux peut être rouge. Pour les locaux, ces lacs sont sacrés. Nous dominons tous les sommets environnants qui sont dans les nuages, donnant au paysage un air de très haute altitude. Des singes ont pris possession du terrain autour du promontoire et les gens leurs balancent un tas de biscuits et sucreries dans leurs papiers. Les singes sont très habiles pour dépiauter tout ça et on ne la leur fait pas, le chewing-gum ne s'avale pas !

Les lacs bleus.Le lac marron.
Les nuages sur les hauteurs alentours.Les singes mangeurs de bonbons.

Nous redescendons à pied à travers les champs plantés en terrasse sur les pentes et entourés de clôtures. On cultive des papayes, du manioc, du café...
En arrivant à Moni, nous tombons sur une femme qui nous explique la technique de fabrication des Itak. Elle est en train de tisser mais elle fait elle même les colorations et les motifs qui se transmettent de génération en génération. C'est du boulot.

Cultures de manioc en terrasse.Beaucoup de toits ont gardé la forme traditionnelle mais la tôle a remplacé les végétaux.
Toit en bambou, disposé comme les tuiles chez nous.Séchage d'un Itak.
TissageMise en place des motifs. Les fils attachés ensemble ne seront pas teintés en bleu. Une fois détachés les motifs apparaissent.

De retour à Maumere nous ne restons pas traîner, nous voulons avancer. Nous faisons les corvées habituelles avec quand même parfois quelques difficultés de communication. Quand Gaëtan passe à la corvée de gaz, il se fait trimballer dans plusieurs stations puis devant l'une où il doit attendre l'ouverture. De retour une fois le magasin ouvert, il s'avère qu'il fournit de l'oxygène et non du gaz... On se dit qu'à défaut d'apprendre l'indonésien en express, il faut qu'on se fasse des soirées mime histoire d'être plus explicite. Mais allez mimer du gaz plutôt que de l'oxygène !

Nous quittons donc Maumere sans trop de regrets et une fois à bonne distance du quai, malgré le bruit de la mer et du vent nous sommes envahis par une sensation de calme et de tranquillité. Nous n'allons pas bien loin, juste à la sortie de la baie mais nous avons besoin de bien dormir, nos voisins les bateaux de passagers avaient des horaires impossibles et des bonnes sono. Dans la baie où nous entrons, la colline est en feu. En fait la plupart des collines alentours ont brûlé récemment et ces incendies sont allumés par des gens. Pour quelle raison, on ne sait pas et nous sommes toujours en train de chercher une explication en posant la question à tous les anglophones que nous rencontrons. Les terres qui brûlent ne semblent pas cultivables alors pour quelle raison ce feu ?

Terres brûlées. Pourquoi ?

Nos voisin du soir, des pêcheurs en escale pour la nuit.

Puis nous poursuivons au nord de Flores pour nous arrêter dans un village. Nous ne prenons pas la peine de gonfler le kayak et débarquons à la nage. Dans le village, c'est carrément l'hystérie quand nous traversons. Les gens accourent et les gamins nous suivent. Une femme nous dit ses quelques mots d'anglais auxquels nous répondons et c'est la grosse rigolade générale. On a vraiment l'impression de venir d'une planète très lointaine et de faire un truc très bizarre : marcher dans un village.

Bâtiments traditionnels et puits.Les habitations sont entourée de clôtures pour empêcher les animaux d'entrer (chèvres et cochons).

Nous revenons sur la route et rencontrons un jeune qui nous invite à venir boire de la coco chez lui. Il parle un peu anglais, il l'a appris en travaillant sur des chantiers de construction en Malaisie. Il grimpe au cocotier super haut en deux secondes et descend des cocos énormes pour toute la famille. Il nous accompagne ensuite jusqu'à un petit restaurant. Depuis que nous sommes en Indonésie nous avons quasiment arrêté de cuisiner, les plats de riz accompagnés de poisson, de poulet ou de tofu et de quelques légumes coûtent vraiment rien (moins de 1€) et on trouve à manger partout. Notre ami nous a parlé des Ojek ici et nous lui disons que nous allons trouver un Ojek pour rentrer. Ni une ni deux il arrête un gars qui passait par là, lui emprunte sa moto et nous ramène devant le bateau, à trois sur l'engin !
Demain c'est jour de marché et il nous indique une boutique où il nous dit de demander du chien frit. Le lendemain nous ne cherchons pas trop à expliquer que nous voulons du chien, de peur que tout le monde se moque de nous au cas où on ne mange pas de chien ici. Mais certains le faisaient bien aux Tuamotu... Nous repartons avec du poisson.

À trois sur la moto empruntée à un monsieur qui passait par là.Jour de marché. Les gens affluent des villages alentours par la mer.
Les commerçants sont arrivés la veille par la route. 

Nous faisons une autre pause au village de Bari. À peine mouillés, des jeunes viennent nous voir avec leur pirogue. L'un deux parle un tout petit peu anglais mais au bout de 5 minutes la conversation est épuisée. Nous lui faisons comprendre qu'on va manger et qu'on le retrouvera au village mais ils restent là. On commence à être habitués à vivre sous le regard des gens alors on démarre notre repas après plusieurs tentatives d'explications toutes aussi polies que vaines.
À terre, Bonito, nous fait la visite du village. Sa mère nous offre le café, il nous fait visiter sa maison et tout ce qu'il y a dedans. Le village compte 300 familles et toutes les maisons sont très proches les unes des autres. Elles sont presque toutes sur pilotis parce qu'à marée haute la mer envahit le village. Le seul terrain à sec est le terrain de foot, sport très prisé. D'ailleurs il y en a plein qui ont suivi l'Euro et nous parlent des résultats.

Village de Bari. Les pirogues ont souvent une voile qui est installée seulement quand le vent est portant.Bonito, notre « guide » à Bari. Il parle anglais et tient à nous accompagner pour la visite du village. Il aime aussi beaucoup nous prendre en photo avec son portable.
Les maisons sont sur pilotis, la mer inonde le village à chaque marée.La mosquée de Bari. Comme la plupart des villages côtiers, les gens sont musulmans. Dans les terres la proportion de catholiques est plus importante.
Le stade de Bari où le foot a toute sa place.Maisons traditrionnelles en bambou et palme de cocotier tressée.
La mangrove pousse autour du village.Les enfants réclament des hameçons. Sauf que là c'est pour essayer le pointu de l'hameçon sur la peinture de Ty Punch !

Avant d'aller voir les dragons de Komodo nous faisons un ravitaillement à Labuan Bajo. La ville est touristique et une quantité de tours sont proposés sur des bateaux locaux qui ressemblent souvent à des sortes de galions remodelés à la sauce « charter ». Nous croisons beaucoup de touristes, surtout des voyageurs dont beaucoup de Français. Depuis le temps que nous en voyons, nous tentons le poisson séché. C'est la méthode de conservation locale mais on ne doit pas avoir la technique adéquate pour la préparation parce que c'est plutôt raide. Peut-être en laissant tremper pour dessaler...

Labuan Bajo, à l'extrême ouest de Flores, porte du parc national de Komodo.Etals de poisson séché sur le marché.
Les pirogues de course ou taxis rapides.Trimaran de pêche. On se demande à quoi servent les balanciers (filet ? lamparos ?)
Bateaux aménagés pour transporter des touristes dans le parc de Komodo.Certains ressemblent vraiment à des « galions » remodelés.

Nous mettons les voiles vers Rinca, dans le parc de Komodo avec notre repas du midi tout prêt acheté dans un boui-boui, c'est vraiment royal !

Nous avons un peu revu notre planning jusqu'à Bali, nous venons d'apprendre qu'il nous faut 7 jours ouvrables pour le renouvellement de notre visa et que l'on ne peut le faire qu'à Lombok ou Bali. Il nous reste donc une semaine pour visiter le parc de Komodo et parcourir les 240 milles qui nous séparent de Lombok. Joie des formalités indonésiennes...

 

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